Une corrida sans émotion, c’est un aiòli sans ail, une mayonnaise qui peut prendre mais qui vous laisse le palais vierge. Dans la corrida, l’émotion peut venir soit du toro, soit du torero. Des deux en même temps est devenu aussi rare que le Père Noel au mois d’août. Contentons-nous donc maintenant soit du torero, soit du toro. Face à ce vide, il n’y a que le torero pour vous dresser le poil et vous faire oublier qu’en face « il n’y a rien ». Mais pour éviter de tomber dans la « corrida bling-bling », il faut un torero exceptionnel. Notre époque compte une poignée de talents honorables, mais presque tous cantonnés dans l’excellence technique. Des toros-bidons (ceux qui font leur quotidien, car ce sont des vedettes), il peuvent, dans la journée, en tuer deux, trois, six, une manade s’ils le veulent ; ils savent et ils peuvent. Combien d’élus peuvent-ils, en revanche, entrer dans la légende de l’aficionado (je ne parle pas du « spectateur ») ? Les doigts de la moitié d’une main sont déjà superflus pour les compter ; je ne citerai personne pour ne fâcher quiconque. Sauf Morante de la Puebla évidemment, le seul qui ne prête pas à discussion (José Tomás reste hors-concours !). Et je ne parle pas seulement de son répertoire si varié et inspiré, mais aussi de son sens de la lidia, de sa manière d’être « torero », du respect de son art. Il est en train de dépasser le seul statut de torero-artiste qu’on lui réservait. (Pierre Dupuy)
Morante de la Puebla est un torero encyclopédique. Il est une synthèse du meilleur toreo de toute l'histoire taurine. Pour beaucoup, il est la réincarnation de Gallito par son poder et sa domination mais aussi par la variété de son répertoire à la cape ; dans sa manière d'aller chercher la corne inverse avec la poitrine (pecho) avancée, il est Belmonte ; quand il double les toros et qu'il arrive, avec seulement un mouvement des talons, à se remettre dans la suerte, il est Chicuelo. Tout Séville est là et on pourrait y ajouter la grâce de Gitanillo de Triana, tant sa dextérité au capote est prodigieuse. Avec le temps, Morante a su « agglomérer » le meilleur du toreo sévillan. C'est un luxe pour nous. (Domingo Delgado de la Camara)
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Il parcourt durant plus de 25 ans toutes les férias d’Espagne et d’Amérique du Sud (Pérou, Equateur, Mexique). Collaborateur à la revue «Toros» de 1994 à 2018. Amoureux de sa ville et de ses traditions il consacre un livre au Nimes Olympique : « Le Stade Jean Bouin, l’âge d’or du Nimes Olympique ».
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